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 Monsieur le Président, empêchez mon fils de partir…

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Eddelssi

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Date d'inscription : 27/05/2009

MessageSujet: Monsieur le Président, empêchez mon fils de partir…   Dim Sep 27 2009, 10:40

Permettez-moi d’abord de me présenter. Je suis ingénieur en aéronautique, ex-professeur d’aérodynamique et mécanique du vol à l’Ecole supérieure de Tafraoui. Aujourd’hui, je suis père de 3 enfants (2 filles et 1 garçon). Mon fils unique est technicien supérieur en informatique.

Il gagne sa vie comme il peut et il ne manque de rien. Il a une belle chambre, une belle voiture, etc. Mais il est malheureux. Je le côtoie comme un ami et on discute ouvertement de tous les sujets. Lorsque j’ai essayé de savoir ce qui lui manquait, il me dit qu’il en a marre de ce pays. J’ai discuté longuement avec lui et il a réussi à me convaincre. Il lui manquait quelque chose que je ne peux pas lui donner : «l’espoir». Monsieur le président, on a tous perdu espoir dans ce bled. Je me rappelle des années 60, près de 95 % de la population vivait dans la misère. Rares étaient ceux qui prenaient les 2 repas du jour. On ne connaissait pas le réfrigérateur, ni la cuisinière, ni le téléviseur, ni la voiture, mais on était heureux, très heureux parce qu’on avait l’espoir, l’espoir de voir un jour notre pays développé. Le pays venait de naître, tout le monde avait l’Algérie au cœur. On était disciplinés, on écoutait les beaux discours de ceux qui nous gouvernaient et on croyait à ce qu’ils nous disaient. A cette époque-là, l’Algérien était le meilleur travailleur du monde, il était distingué par son intelligence, sa discipline, et son endurance. Cette remarque n’est pas de moi mais je l’ai lue sur l’unique quotidien de l’époque qui l’a prise d’un journal occidental (début des années 1970). J’étais au lycée et j’étais fier de dire que je suis algérien. L’Algérie des années 1970 était au même rang que le Brésil, l’Espagne et l’Inde. Le boom industriel algérien faisait peur aux grandes puissances industrielles. On était fiers de notre pays qui accueillait les Tunisiens, les Marocains et les autres… pour passer leur baccalauréat ici chez nous parce que le baccalauréat algérien était reconnu mondialement par toutes les universités. Moi-même avec mon baccalauréat j’était admis sur titre par l’une des plus grandes universités de Grande-Bretagne… L’éducation chez nous était l’unité de mesure de la personnalité. Mais aujourd’hui Monsieur le président, je suis humilié, j’ai peur et j’ai raison d’avoir peur pour mon pays qui se trouve au même rang que l’Ouganda, le Niger et les autres pays en voie de disparition. Aujourd’hui le baccalauréat algérien n’est plus reconnu et les baccalauréats tunisien et marocain sont mieux cotés. Il n’y a aucune lueur d’espoir pour que je puisse convaincre mon fils de rester dans son pays. Cette mauvaise gouvernance et ce sabotage flagrant ont ôté le nationalisme du cœur des Algériens. Il n’y a que les malhonnêtes qui sont heureux dans ce pays ! Il y a une chose que les Algériens doivent savoir, c’est qu’à l’étranger, on ne vous mesure pas selon ce que vous avez dans la tête ou dans les poches ou même selon le grade que vous occupez chez vous, mais on vous mesure selon le niveau de votre pays. Les Occidentaux respectent mieux un hippy pouilleux issu d’Italie, d’Espagne ou d’Inde qu’un homme bien propre et bien habillé qui vient d’un pays sous-développé. Et généralement on les qualifie de racistes. Plutôt ils sont justes ! Les jeunes sont bien conscients et ils préfèrent vivre discriminés en troisième classe dans un pays qui se respecte que dans leur propre pays qui chavire constamment… Monsieur le président, je vous prie, faites quelque chose pour empêcher mon fils de partir… Je remercie tous les journalistes qui œuvrent pour sauver le pays.

Chérif Belkhiri
Le Soir d'Algérie
27.09.2009
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