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 Une conséquence de l’absence de l’état.

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Eddelssi



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MessageSujet: Une conséquence de l’absence de l’état.   Mar Juil 27 2010, 04:30

Une conséquence de l’absence de l’état .
L’ère des concessions sauvages .


Les règles d’urbanisme commercial sont ignorées.

Depuis de nombreuses années, des cabanes sont construites, au bord de la mer, sans la moindre autorisation. Tout au long de la côte, entre Zemmouri et Beni Ksila, ce sont les pêcheurs qui les premiers avaient fondé la tradition, en construisant des baraques de fortune pour eux et leur matériel. Mais depuis la fin des années 1970, en l’absence des pouvoirs publics, beaucoup de monde s’y est mis, surtout des jeunes qui ont compris qu’il y avait là matière à gain.
Au cours des années 1980, les APC ont exigé des autorisations délivrées sur simple demande aux postulants pour exercer ce qu’il était convenu d’appeler à l’époque “commerce temporaire”. L’autorisation était délivrée par le PAPC pour la durée de l’été et, en d’autres saisons, pour ceux que cela intéressait, durant la période de Ramadhan.
L’autorisation exigeait que la future construction soit une bâtisse en matériaux légers, jamais en dur. En France, par exemple, on exige que les constructions soient, comme les tentes, très rapidement démontables. La même autorisation décrivait ce qu’il était possible de vendre ou de proposer aux estivants : sandwiches, crèmes glacée et esquimaux, boissons chaudes et fraîches, jamais d’alcool ni de tabacs dont la vente étaient réservée à des établissements particuliers disposant de licences spécifiques. Ce qui n’a pas empêché que de l’alcool se vende sous le manteau, ou à peine, tout au long de la côte et pas seulement en été.
Le cahier des charges spécifiait les droits et devoirs des contractants.
Désormais les cabanes sont construites un peu partout en dur, sans le moindre respect pour l’environnement ou l’esthétique ; les “propriétaires” les ont meublées de sonos et de postes de télévision dotés de paraboles. On y joue aux cartes et aux dominos durant de longues heures du jour et une partie de la nuit. Prix du thé : 5 DA le petit verre et 10 DA le grand, m’hadjeb à 25 DA/pièce, pizza entre 10 et 20 DA, sandwich calentita à 10 DA, sandwich frites 30 DA et frites-omelette 60 DA, la petite bouteille de Hamoud Boualem et autres sodas 25 DA, la grande bouteille à 60 DA, le verre à 15 et le café à 20 DA.
Côté APC, le premier adjoint d’une commune de l’est de la wilaya de Boumerdès affirme que “c’est sur proposition de l’APC qu’une commission de wilaya confectionne son rapport sur les plages autorisées, ou non à la baignade surveillée. Une plage surveillée suppose qu’elle sera dotée de maîtres-nageurs de la Protection civile, avec son matériel de sauvetage, zodiac avec hors-bord, hommes-grenouilles, secouristes, etc. Cela inclut aussi la présence de la police ou de la gendarmerie”.
La plage autorisée est prise en charge par les services de l’APC territorialement compétente : nettoyage, embellissement, accès, pistes, éclairage, douches et sanitaires. C’est sur cette base que sont accordées les concessions. “C’est la direction du tourisme de la wilaya qui, depuis les années 2000, confectionne le cahier des charges, avant de lancer un avis d’appel d’offres aux intéressés”, affirme l’élu qui ajoute que “les soumissionnaires doivent remplir les conditions du cahier des charges pour bénéficier d’un espace”. L’édile rappelle que “cela n’a pas toujours été le cas. Avant, c’était le PAPC qui accordait les autorisations d’ouvrir un commerce temporaire. Aujourd’hui, la seule procédure permise à ceux qui souhaitent obtenir le droit d’exercer une activité commerciale sur la côte consiste dans tous les cas à soumissionner pour espérer obtenir un tronçon de plage à valoriser. Ce qui semble déranger les jeunes habitués à travailler sans entraves dans une relative anarchie”.
La plage est partagée en plusieurs espaces de 50 à 150 m de long, sur toute la largeur de la plage comprise entre la mer et les terres ou la route parfois. Ces espaces sont cédés aux plus offrants, pourvu qu’ils remplissent les conditions du cahier des charges. À titre d’exemple, les offres pour certains espaces à Boumerdès ont atteint 200 000 DA pour la saison estivale. Dans une commune située à l’est de Boumerdès, l’espace est cédé à 40 000 DA à peine. “Théoriquement il n’y a pas eu d’autorisation délivrée pour les fast-foods, cette année, mais ça existe de façon tout à fait illicite”, d’après l’élu interrogé à ce propos. “L’APC a réalisé le nettoyage de la plage des Salines, ainsi que l’aménagement des espaces. L’APC perçoit un pourcentage sur la location de l’espace, et c’est à elle qu’échoit le gros du travail. Les préparatifs de la saison estivale commencent assez tôt au niveau des plages candidates au classement “plage autorisée”. Si l’APC contribue pour une part des travaux, elle est tout de même aidée financièrement par la wilaya. “La wilaya de Boumerdès a choisi trois plages pour l’ensemble de son territoire. La wilaya, après avoir réalisé une étude d’aménagement global de ces plages, se charge du financement destiné à le concrétiser.”
Curieusement, à côté des bénéficiaires d’espaces au niveau de la plage des Salines, des squatters ont investi indûment des portions de plage, sans bourse délier. Comme ceux qui ont déboursé de l’argent pour obtenir leur autorisation ils vendent boissons et sandwiches et louent des parasols. L’accès à la plage n’est pas payant, tout comme le parking. Ce qui n’est pas le cas ailleurs, si l’on observe ce qui se passe au niveau de toute la côte à l’ouest ou à l’est d’Alger, entre Tipasa et Oued Dehs, entre Bougie et Azeffoun. Les célèbres plages de sable fin, de Petit Paradis ou Beni Ksila, à l’est d’Azeffoun, ne désemplissent pas durant tout l’été, avec campeurs et parasols, comme les plages de Tassallest, Boumzahem ou Sidi Khaled, à Tigzirt, où ressuscitent, chaque été, les camps de toile avec leurs habitués constitués de familles le plus souvent. Selon un élu, “en 2009, aucun soumissionnaire ne s’était intéressé aux plages de Dellys. Cette année-ci, il y en a eu deux, ce qui est déjà un progrès. Les estivants qui fréquentent les plages autorisées sont des étrangers à la ville, pour la plupart. Les gens du pays, les autochtones préfèrent se baigner en solitaires ou dans des coins fréquentés par les initiés, des copains la plupart du temps”.
Le premier adjoint de l’APC de Dellys affirme que les services communaux se chargent de la voierie et du gros des ordures, alors que l’entretien est laissé aux adjudicataires de la plage. “C’est relativement bien tenu, même s’il reste beaucoup à faire pour atteindre les standards internationaux ou même ceux de nos voisins”, affirment les estivants qui fréquentent ces plages surveillées. Ailleurs, sur les autres portions de côte livrés au tout-venant, dans des baraques de fortune, souvent en dur, on peut trouver à prix modique sandwiches et boissons, au milieu de la saleté ambiante, sachets en plastique, bouteilles PET et parfois égouts. En attendant les améliorations promises par des “plans bleus” et autres programmes éphémères de l’été.


Liberté
Par : Djamel Zidane
26.07.2010
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