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 IVème centenaire du décret de leur expulsion : Les Morisques

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Eddelssi



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MessageSujet: IVème centenaire du décret de leur expulsion : Les Morisques   Jeu Juin 03 2010, 04:17

Le Centre national de recherche en anthropologie sociale et culturelle d’Oran (Crasc) a organisé, jeudi dernier, une journée d’études sur le « IVème centenaire du décret d’expulsion des Morisques d’Espagne 1609-2009″.

Un épisode de l’histoire du Maghreb qui reste encore méconnue. Essayons de voir qui sont ces Morisques ? Pourquoi ils sont expulsés et où iront-ils ?

Le terme «Morisque», en espagnol Morisco «petit Maure» désigne les Musulmans d’Espagne qui avaient été convertis au catholicisme conformément aux édits de conversion de 1502. Ces conversions qui ont été obtenues de gré ou de force ont été lourdes de conséquences.
Cette opération mènera directement à une autre étape, celle de l’expulsion massive de cette population dont les ancêtres avaient construit l’histoire de la péninsule ibérique pendant près de huit siècles (de 711 à 1492).

Le décret d’expulsion a été signé le 4 avril 1609, il est approuvé par le Conseil d’Etat qui le transmet au duc de Lerma pour son exécution. L’opération qui a surtout concerné la communauté vivant dans le royaume de Valence, a duré près de 5 ans puisqu’elle ne finit qu’en 1614. Plus de 275 mille habitants d’origine musulmane quitteront l’Espagne pour l’Afrique du Nord. Au reste Vincente Mestre a immortalisé dans un tableau de peinture daté de 1613 un débarquement de Morisques à Oran.

Pourtant une partie de ce peuple persécuté s’installe en Europe avant de se convertir au christianisme. Mais la majorité met le cap sur les villes côtières maghrébines. Les Andalous et les Mudéjars investissent surtout Oran, Alger, Cherchell, Tlemcen, Nedroma, Mostaganem, Blida, Koléa, etc.
Les Mudéjars «mudajjan» (domestiqués en arabe) soit dit en passant s’exprimaient en castillan, ces derniers ayant perdu l’usage de leur langue maternelle, mais ils écrivaient la langue qu’ils parlaient en caractères arabes, d’où le terme «Aljamiado». A quelque chose comme on dit malheur est bon.

L’arrivée des Andalous au Maghreb a eu des répercussions positives sur la culture, l’économie et le développement des villes.

A l’origine de l’expulsion
La prise de Grenade en 1492 est suivie par la conclusion d’un accord de reddition entre l’ancien émirat et la couronne de Castille. Cet accord conclu entre le roi vaincu Abû Abdil-lah (Boabdil) et les rois Catholiques porte sur l’insertion de centaines de milliers de musulmans (dont le nombre pouvait atteindre 300 mille) dans la couronne.

Il y est stipulé que ces deniers ont le droit de pratiquer et d’observer leur religion. Mais un événement allait bientôt remettre en cause l’accord en question.

L’archevêque de Tolède Francisco Jiménez de Cisneros décide de réintégrer dans l’Eglise catholique les «Elches» les chrétiens convertis à l’islam à l’époque du règne des Musulmans. Cet acte jette le désarroi parmi les Musulmans qui y ont vu une violation des accords de reddition.

Devant la menace qui pèse sur l’islam, les habitants du quartier grenadin de l’Albaicim, majoritairement musulmans, se révoltent.

Le mouvement fait tâche d’huile et atteint les régions montagneuses. Ferdinand réagit en usant de la répression jusqu’à la pacification du royaume. La défaite en 1501 des révoltés a donné l’idée d’expulser de Grenade les musulmans âgés de plus de 14 ans.

En 1502 l’expulsion est élargie à l’ensemble de la Couronne. Cette décision surprenante fera inclure dans le contingent des expulsés les Mudéjars, qui sont en fait des citadins bien intégrés dans la société espagnole de l’époque. Mais les Morisques ont été autorisés à prendre une seule voie de sortie, soit la côte cantabrique.

Un détail que les historiens analysent comme une volonté des rois catholiques non pas d’expulser la communauté considérée, mais de la pousser à accepter le baptême.

Pour autant l’expulsion enregistrée en 1502 n’a pas bouté hors d’Espagne l’ensemble de la population musulmane. Il en est resté beaucoup dans le royaume de Valence, et dans une moindre mesure en Catalogne et en Aragon.

Mais au cours de la révolte contre les nobles des Germanías survenue en 1521 dans le royaume de Valence les révoltés ont usé de violence physique contre les Musulmans qu’ils ont contraint par la force à accepter le baptême. Quand l’empereur décrète l’expulsion par un décret qui prend effet en 1526, hormis ceux qui avaient décidé de partir pour l’Afrique du Nord, la plupart des Musulmans d’Aragon se font chrétiens.

Par : Larbi Graine
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Jamesbond



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MessageSujet: Re: IVème centenaire du décret de leur expulsion : Les Morisques   Jeu Juin 03 2010, 08:41

Merci EDDELSSI pour cet article fort bien intéressant.
En effet il y a beaucoup de références sur ce sujet, malheureusement pour certains, elles sont rédigées en espagnoles.

A travers ce récit je pense intuitivement à l’histoire du célèbre écrivain espagnole « Cervantès » qui fut aussi expulsé de l’Espagne vers Algérie.

Bonne lecture
James
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El Moudja



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MessageSujet: Re: IVème centenaire du décret de leur expulsion : Les Morisques   Jeu Juin 03 2010, 11:08

Cervantès a été fait prisonnier et il a passé une longue période en Algérie. Voici un petit article sur lui que j'ai trouvé sur le net.

Captivité à Alger

"Pendant son retour depuis Naples jusqu'en Espagne à bord de la galère Sol, une flottille Algérienne commandée par Arnaut Mamí fit prisonnier Miguel et son frère Rodrigo le 26 septembre 1575. Ils furent capturés à hauteur de Cadaqués de Rosas ou Palamós, situé sur ce qu'on appelle la Costa Brava, ils furent emmenés à Alger. Cervantes est attribué en tant qu'esclave au renégat grec Dali Mamí. Le fait de trouver en sa possession les lettres de recommandations qu'il portait de la part de don Juan d'Autriche et du Duc de Sessa fit penser à ses geôliers que Cervantes était quelqu'un de très important et de qui ils pourraient obtenir une bonne rançon. Ils demandèrent cinq cent écus d'or pour sa liberté.

Pendant ses cinq ans d'emprisonnement, Cervantes, en homme à l'esprit fort et motivé, essaya de s'échapper à quatre occasions. Pour éviter les représailles sur ses compagnons de captivité, il se fit responsable de tout devant ses ennemis. Il préféra la torture à la délation. Grâce aux sources officielles et au livre de frère Diego de Haedo Topographie et histoire générale d'Alger (1612), on a pu obtenir des informations importantes sur sa captivité. Ces informations viennent compléter celles de sa comédie Los tratos de Argel (Les bains d'Alger) et la relation avec l'histoire du Captif, incluse dans la première partie de Don Quichotte entre les chapitres 39 et 41. On sait aussi, depuis longtemps, que l'œuvre publiée par Haedo n'était pas de lui, chose que lui-même reconnaît. Selon Emilio Sola, son auteur est Antonio de Sosa, bénédictin compagnon de captivité de Cervantes, et dialoguiste de cette même œuvre. Il semble donc que l'œuvre de Haedo n'est plus une confirmation indépendante de la vie de Cervantes à Alger, mais un écrit de plus de la part de Cervantes et qui portent aux nues son héroïsme.

La première tentative de fuite fut un échec, car le complice maure qui devait conduire Cervantes et ses compagnons à Oran les a abandonnés dès le premier jour. Les prisonniers durent retourner à Alger, où ils furent enfermés et mieux gardés qu'avant. Pourtant, la mère de Cervantes avait réussi à réunir une certaine quantité de ducats, avec l'espoir de pouvoir sauver ses deux fils. En 1577, après avoir traité avec les geôliers, la quantité de ducats se révélait insuffisante pour libérer les deux frères. Miguel préféra que ce soit son frère qui soit libéré. Celui-ci rentra alors en Espagne. Rodrigo avait un plan élaboré par son frère pour le libérer, lui et ses quatorze ou quinze autres compagnons. Cervantes devait se cacher avec les autres prisonniers dans une grotte, en attente d'une galère espagnole qui viendrait les récupérer. La galère, effectivement, vint et tenta de s'approcher deux fois de la plage ; mais finalement fut prise. Les chrétiens cachés dans la grotte furent aussi découverts, ceci à cause d'un traître, surnommé el Dorador (le Doreur). Cervantes se déclare alors comme le seul responsable de l'organisation de l'évasion et d'avoir convaincu ses compagnons de le suivre. Le roi d'Alger, Azán Bajá, l'enferma dans son « bain » ou prison, chargé de chaînes, où il resta durant cinq mois.

La troisième tentative, conçue par Cervantes dans le but d'arriver par la terre jusqu'à Oran. Il envoya là-bas un maure avec des lettres pour Martin de Cordoue, général de cette place, en lui expliquant et lui demandant des guides. Cependant le messager fut prit et les lettres découvertes. Les lettres dénonçaient Miguel de Cervantes et montraient qu'il avait tout monté. Il fut condamné à recevoir deux mille coups de bâtons, punition non reçue car beaucoup intercédèrent en sa faveur.

La dernière tentative de fuite s'est produite grâce à une importante somme d'argent que lui donna un marchand valencien qui était à Alger. Cervantes acheta une frégate capable de transporter soixante captifs chrétiens. Quand tout était sur le point de réussir, un de ceux qui devaient être libérés, l'ancien dominicain docteur Juan Blanco de Paz, révéla tout le plan à Azán Bajá. Comme récompense le traître reçu un écu et une jarre de graisse. Azán Bajá transféra alors Cervantes dans une prison plus sure, au sein de son palais. Ensuite, il décida de l'emmener à Constantinople, d'où la fuite deviendrait une entreprise quasi impossible à réaliser. Une fois encore, Cervantes assuma toute la responsabilité.

En mai 1580, les pères Trinitaires, frère Antonio de la Bella et frère Juan Gil arrivèrent à Alger, cet ordre effectuait des tentatives de libération des captifs, y compris en se proposant eux-mêmes comme monnaie d'échange. Frère Antonio partit dans une expédition de sauvetage. Frère Juan Gil, qui ne disposait que de trois cents écus, essaya de sauver Cervantes, pour lequel on en exigeait cinq cents. Le frère se mit alors à récolter parmi les marchands chrétiens la quantité qui manquait. Il réussit à les réunir quand Cervantes était déjà dans une galère en partance pour Constantinople, affrétée par Azán Bajá, attaché avec deux chaînes. Grâce aux cinq cents écus si durement réunis, Cervantes est libéré le 19 septembre 1580. Le 24 octobre il revient enfin en Espagne avec d'autres captifs sauvés également. Il arrive alors à Dénia, d'où il partit pour Valence. En novembre ou décembre, il retrouve sa famille à Madrid.

La grotte où se réfugia Cervantes existe toujours à Alger dans le quartier de Belouizdad, sur la colline surplombant la plage du Hamma. Elle est connue comme la grotte de Cervantes."
"wikipédia"
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larbi323



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MessageSujet: Re: IVème centenaire du décret de leur expulsion : Les Morisques   Mar Juin 08 2010, 09:24

Merci beaucoup!
Un très bon rappel historique.
Salam,
larbi
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MessageSujet: Re: IVème centenaire du décret de leur expulsion : Les Morisques   Aujourd'hui à 17:14

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IVème centenaire du décret de leur expulsion : Les Morisques
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