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 Archéo News

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Jamesbond

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MessageSujet: Archéo News   Mer Nov 04 2009, 12:53

Batna: Les fouilles archéologiques de Lambèse entamées


“Nous sommes parvenus à la découverte de deux habitations, l'une, une belle demeure aristocratique très étendue et luxueuse située à une cinquantaine de mètres de l'amphithéâtre, et l'autre, plus périphérique, que nous avons appelée la maison de la tigresse, parce qu'il y a un très beau pavement qui la décore...”, a déclaré Mme Amina Aïcha Malek, directrice des fouilles à Lambèse.

Une journée d'étude relative à la présentation des résultats de la mission archéologique de Lambèse-Tazoult à Batna, menée conjointement par le CNRA et le CNRS lors des années 2006, 2007, 2009, s'est déroulée, avant-hier, à la Maison de la culture de Batna. Cette journée d'étude a été animée par neuf conférenciers de différentes spécialités, à savoir des archéologues, des restaurateurs et des géophysiciens de nationalité algérienne et française.
Lors de son intervention intitulée “La mission archéologique de Tazoult-Lambèse”, Mme Amina Aïcha Malek, directrice des fouilles de Lambèse, a rappelé à l'assistance que l'objectif de ces opérations était de retrouver la cité antique de Lambèse, la capitale de la Numidie, et que les premières fouilles s'attelaient aux premières structures domestiques de Lambèse.
Parlant de l'organisation des fouilles, la conférencière a indiqué que les membres de son équipe travaillaient sur deux échelles : l'échelle urbaine et l'échelle domestique.
Abordant les résultats, la directrice de la mission dira : “Nous sommes parvenus à la mise au jour de deux habitations, l'une, une belle demeure aristocratique très étendue et luxueuse située à une cinquantaine de mètres de l'amphithéâtre, et l'autre, plus périphérique, que nous avons appelée la maison de la tigresse, parce qu'il y a un très beau pavement qui la décore...”
L'équipe rencontrée lors de cette journée d'étude se dit impressionnée par la richesse du patrimoine de la ville de Lambèse en matière de mosaïque, un potentiel énorme, en plus de ces quelques monuments inédits du musée de Lambèse, à savoir l'inscription de Liber Peter deus patrius, les deux portraits de Commode : enfant et jeune homme, le portrait de l’impératrice Julia Soaemias, un fragment de relief : Le mythe d'Acteon. Mais la mosaïque des Néréides conservée au musée de Lambèse, d’une qualité très rare, reste le clou du spectacle. Elle date du IIe siècle après J.-C. et est réalisée en opus vermiculatum, c’est-à-dire avec des tesselles (petits cubes de verre, de marbre ou de terre formant la mosaïque, ndlr) très fines, de 2 à 3 mm de côté.
Découverte en 1905 lors de fouilles, elle mesure 439 cm de long sur 124 cm de large. C’est une œuvre exceptionnelle de très grande facture représentant trois Néréides chevauchant des monstres marins et accompagnées de trois petits amours.
Par : Belkacem Boumaïla
Source: Liberte du 04.11.2009


Dernière édition par Jamesbond le Mar Déc 22 2009, 07:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Archéo News   Mer Nov 04 2009, 12:59

1ère CONFÉRENCE SCIENTIFIQUE D’ARCHÉOLOGIE ALGÉRO-ALLEMANDE
Une coopération fructueuse




Le Centre national de recherches préhistoriques anthropologiques et historiques (CNPH, sis au niveau du musée national du Bardo) a abrité la première conférence scientifique d’archéologie algéro-allemande, qui avait pour thème : “Aboutissement des travaux de restauration au musée de Cherchell”. Cette journée a été organisée en partenariat avec le Goethe Institut d’Alger.

Avant d’entamer cette rencontre entre des archéologues algériens et allemands, les organisateurs, ont, dans un premier temps, présenté le projet commun qui lie l’Algérie à l’Allemagne. À cet effet, Dr Alix Landgrebe, directrice du Goethe Institut algérien a affirmé, dans sa courte allocution, que “l’Algérie et l’Allemagne ont une très, très longue tradition archéologique”. Laquelle tradition concerne les sites romains. Elle précisera, en outre, que ce projet, (cette campagne de restauration a vu le jour il y a deux ans et des travaux de restauration ont été entamés au musée de Cherchell) entre dans “le cadre du programme du dialogue interculturel entre les deux pays”. Elle ajoutera que cette année une convention entre les deux parties sera établie afin de “stabiliser” ce projet. D’ailleurs, ladite convention a été établie entre notre ministère de la Culture (représenté par l’Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés) et l’Institut allemand d’archéologie.
Prenant la parole à son tour, le directeur de l’Office des gestions et d’exploitation des biens culturels, M. El-Hachemi, abondera dans le même sens en affirmant que ce projet de restauration du musée de Cherchell est à sa deuxième phase. Un travail qui a donné des résultats plus que probants. Il révélera aussi que ce projet de restauration a deux objectifs. Le premier est de restaurer des objets préhistoriques ainsi que des statues datant de l’époque antique (plus de trois cents ans) que contenait ce musée, et fabriquer de nouveaux socles en marbre antisismiques, afin de mieux préserver ce trésor d’un quelconque anéantissement. Quant au second objectif, il a trait à la muséographie du musée de Cherchell, c’est-à-dire un nouveau concept et la réorganisation du parcours pour lui donner plus de valeur.
Concernant les interventions, animées par des archéologues algériens et allemands émérites, elles porteront essentiellement sur le musée de Cherchell et ses objets. Parlant ainsi de l’histoire de cette ville. Heid Froning traitera de l’origine des marbres blancs utilisés de cette ville, indiquant que les marbres grecs et anatoliens les plus précieux ont été utilisés pour la sculpture. Dans ce sillage, le chercheur allemand Christa Landwehr parlera du traitement scientifique des sculptures de cet ancien musée. Ajoutant que leur interprétation et leur datation constituent la base du concept du nouveau musée.
On apprendra aussi, de la bouche de Mourad Bouteflika, directeur de la conservation et de la restauration du patrimoine culturel au ministère de la Culture, qui était présent à cette conférence, que le musée de Cherchell a été promu au rang de musée national.
Par : Amine IDJER
Source: Liberte du 04.11.2009
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MessageSujet: Re: Archéo News   Mar Déc 22 2009, 07:30

Signature d'un accord entre le Ministère de la Culture algérien et l'INRAP sous l'égide du Centre du patrimoine mondial

Le 21 juillet 2009, un accord de coopération entre le Ministère de la Culture algérien et l'Institut de recherches archéologiques préventives (INRAP) a été signé, sous l'égide du Centre du Patrimoine mondial de l'UNESCO. La cérémonie a eu lieu à Alger en présence de la Directrice de la coopération internationale du Ministère de la Culture d'Algérie, de l'Ambassadeur de France, du Président de l'Inrap, et de la spécialiste du programme représentante du Centre du patrimoine mondial.

L'accord signé a permis de réaliser le diagnostic archéologique avant le lancement des travaux du métro d'Alger de la station de la Place des Martyrs. Cette opération d'archéologie préventive sans précédent en Algérie a été lancée par les autorités nationale et menée par le Ministère de la Culture, en collaboration avec le Ministère des Transports et en partenariat avec l'Inrap.

Situé à Alger, dans la basse Casbah, le projet d'extension de la ligne de métro est localisé dans le périmètre classé de la Casbah, patrimoine national algérien depuis 1973 et inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 1992. En 2003, la Commission des Biens Culturels nationale a déclaré la Casbah comme Secteur Sauvegardé.

Le diagnostic archéologique a validé les informations livrées par les archives. Le quartier recouvre en effet une partie de l'agglomération d'Ikosim, l'ancien comptoir punique. Cette Cité faisait partie intégrante du royaume de Maurétanie de Juba II (52 avant J.C. - 23 de notre ère), dont la capitale fut Caesare (Cherchell actuellement). Ikosim, sous le nom romanisé d'Icosium devient municipe romain - statut dont bénéficient les cités autonomes au sein de l'Empire.

Au VIIè siècle, à l'avènement de l'Islam, la tribu des Bénou Mezghana s'y implante. En 1516, le corsaire Arudj dit « Barberousse » fonde à Alger une république qui résistera à Charles Quint. La ville connaitra un important développement à partir du XVIè siècle, avec les ottomans. A partir de 1830, l'époque coloniale laissera également son empreinte.

Les premiers résultats des fouilles réalisées nous livrent des vestiges d'une très haute importance qui viennent renforcer la valeur universelle exceptionnelle de ce bien.

Source: http://whc.unesco.org/fr/actualites/550
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MessageSujet: Re: Archéo News   Dim Avr 25 2010, 03:46

RUINES DE LA PLACE DES MARTYRS (ALGER)
Elles datent de l’an 27 avant. J-C


Le Centre national de recherches en archéologie (CNRA) présentera demain son bilan de l’année 2009, concernant l’élaboration de la carte archéologique de l’Est, le diagnostic archéologique de la Place des Martyrs, les fouilles de sauvetage à la Citadelle d’Alger et à Souk Ahras et une fouille à Lambese, à Batna. Grâce au diagnostic archéologique effectué à la Place des Martyrs, il s’est avéré que les premiers occupants remontent à la période augustinienne (27 av. J-C). Ce qui coïncide avec le règne de Juba II sur la Maurétanie (Centre, Nord-Ouest de l’Algérie et une partie du Nord marocain sous la domination romaine).
S. H.
Source: Le Courrier d'Algerie du 25.04.2010
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MessageSujet: Re: Archéo News   Dim Avr 25 2010, 03:48

MOIS DU PATRIMOINE: L’archéologie à l’honneur

Sous le slogan «patrimoine et identité », le mois du patrimoine célébré, du 18 avril au 18 mai, revient, cette année, en plaçant les recherches archéologiques en haut du panthéon. Dans ce cadre, le musée du Bardo d’Alger, a organisé, hier, un atelier consacré aux techniques de fouilles archéologiques destinées aux collégiens du CEM Ben Aouadj de Ben Aknoun. Pour y procéder, les deux archéologues préhistoriens qui ont animé l’atelier, ont enfoui dans un espace des objets fabriqués, à partir de pierres taillées, sous forme d’oeuvre d’art archéologique représentant l’homme préhistorique. Et afin de les initier à la fouille, les collégiens ont été invités à déterrer ces objets à travers des techniques permettant aux adolescents de découvrir l’évolution de l’homme à travers l’histoire. Fatima Azzoug, directrice du musée, a indiqué que cet atelier de simulation leur permettra de découvrir et de faire comprendre aux enfants la préhistoire, qu’ils ont étudiée à l’école d’une façon théorique et rudimentaire ainsi que leur faire aimer le patrimoine national. L’archéologie qui a pu conserver le message des premiers hommes va aider ces jeunes à mieux comprendre l’histoire de l’humanité». Selon la même responsable, un autre atelier sera consacré aux techniques de dépistage (hache, couteau). Le musée du Bardo, actuellement, fermé au public pour des travaux, est spécialisé dans l’ère de la préhistoire. Sachant que les études archéologiques en Algérie sont composées de trois périodes, à savoir, la préhistoire, l’antiquité, et la période musulmane (Ottomane). Depuis le lancement du mois du patrimoine, des tournées sur des sites archéologiques où des opérations de protection ont été lancées à travers différentes wilayas. Une telle opération a été menée, à Béchar, mercredi dernier, pour la préservation des Ksour et les stations de gravures rupestres. D’autres actions similaires ont été réalisées dans d’autres régions du pays.

Sofiane Habarek
Source: Le Courrier d'ALgerie du 25.04.2010
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Jamesbond

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MessageSujet: Re: Archéo News   Dim Avr 25 2010, 04:40

Mois du Patrimoine: Du 18 Avril au 18 Mai 2010

Bonjour,
C’est comme même dommage que dans ce cadre « du mois du patrimoine » de telles initiatives ne sont pas organisées dans une ville millénaire comme Dellys qui je rappel est un joyau historique et archéologique unique sur cette planète.

La sensibilisation de la population et des écoliers à l’archéologie est important pour la sauvegarde de notre patrimoine. L’Association CASBAH pourrait en faire un de leurs nobles objectifs ?

Bon courage et continuation
James
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larbi323



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MessageSujet: Re: Archéo News   Dim Avr 25 2010, 10:21

James,
Salam, et mille fois merci!!
Larbi
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LE CAMELEON



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MessageSujet: Re: Archéo News   Dim Avr 25 2010, 12:23

Mon cher James il y'aura normalement une semaine à Dellys du 09 au 15 mai 2010 le programme complet je l'ignore mais il y'aura une exposition car je suis invité.
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Jamesbond

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MessageSujet: Re: Archéo News   Mer Avr 28 2010, 01:55

Bonjour,
Merci LE CAMELEON pour cette information. Je vous souhaite beaucoup de succès lors de cette exposition sachant que vos magnifiques œuvres artistiques sont dignes de grands artistes.

Ca sera très instructif que les organisateurs de cette manifestation prévoient un atelier public consacré aux techniques de fouilles et sensibilisations archéologiques.

Merci d’avance de nous tenir informé du programme de cette semaine «Portes ouvertes sur notre patrimoine archéologique».

Bonne continuation
James
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Jamesbond

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MessageSujet: Archéologie et identité   Ven Mai 14 2010, 07:58

Archéologie et identité
Alors que le mois du patrimoine se termine cette semaine, des archéologues algériens ont souhaité s’exprimer sur la thématique de cette année : l’identité. Après le débat ouvert par El Watan Week-end à l’occasion des 30 ans du printemps berbère (voir n°55), ils poursuivent la réflexion.

Sabah Ferdi. Chercheur au Centre national de la recherche en archéologie : « Les hommes comme les sociétés ont un « moi » multiple »
Je suis associée à la mission archéologique franco-algérienne de Tazoult, dirigée par Aïcha-Amina Malek. Il s’agit de fouilles archéologiques antiques (romano-africaines). Je suis également chef d’un projet sur l’archéo-sismicité qui consiste à observer les traces de séismes dans l’Antiquité à partir de l’observation des vestiges archéologiques en place. Par ailleurs, en tant que codirecteur du corpus des mosaïques antiques de l’Algérie, je participe à leur inventaire dans le pays.

Le patrimoine évoque à la fois la relation paternelle et l’héritage laissé par ce dernier. Notre intérêt pour le patrimoine est une façon de reconnaître nos racines, notre origine et nos multiples appartenances. Nous ne venons pas de nulle part ; nous sommes le résultat de millions d’influences qui vont au-delà de notre mémoire individuelle. Ce patrimoine, on le voudrait le plus expressif possible de nos racines. Or, il se trouve que nos musées sont des vitrines dans lesquelles l’Algérien d’aujourd’hui ne se reconnaît pas toujours.

L’Algérie a connu un passé protohistorique, un passé punique, un passé romain, un passé byzantin, un passé turc, un passé espagnol et un passé français, mais ce passé ne semble pas constitutif de la personnalité algérienne. Ne faut-il pas parler d’un « pré-patrimoine » ? Car il s’agit d’antiquités et de vestiges dans lesquelles l’Algérien-visiteur devrait pouvoir se reconnaître mais qu’il considère comme doublement étranger. Ils le sont par ceux qui les ont mis en valeur, ils le sont aussi par les civilisations qu’ils évoquent. C’est pourquoi, il nous faudrait d’autres types de vitrines.

Il faut que les patrimoines soient expressifs de notre algérianité. Non pas des patrimoines qui parlent seulement des autres, mais de ce que l’on a fait avec les autres pendant qu’ils étaient là, ou encore de ce que l’on a fait avant que les autres ne soient là, ou encore de ce que l’on a fait pendant que les autres n’étaient plus là. En réalité, ces antiquités sont plus méditerranéennes qu’à proprement parler « algériennes ». Elles sont les témoins d’événements qui se sont déroulés en Algérie ; c’est pourquoi elles ne sont pas considérées comme un patrimoine constitutif d’un héritage légué par des ancêtres de la famille.

Miroirs pour se comprendre
Le patrimoine tel qu’il est présenté actuellement ne nous révèle pas à nous-mêmes. Il nous raconte plutôt une histoire empruntée, plaquée, imposée ou épousée. Si les Algériens s’intéressent médiocrement à leurs musées et à leur patrimoine, c’est parce que ce qu’ils y trouvent ne correspond pas à leur identité-personnalité, et que l’Algérien est fondamentalement en quête d’identité personnelle. Les hommes comme les sociétés ont un « moi » multiple. Retrouver son identité consiste à se rétablir au milieu de ces divers mois, en découvrant ce moi privilégié qui est le plus expressif de soi. Ce moi qui s’est forgé au cours de l’histoire, du passé, des circonstances, des activités ou de rencontres… On retrouve son identité originelle quand on se reconnaît dans ce moi qui, tout en composant avec d’autres, détient une place première.

Au fond, les patrimoines nous montrent des cultures anciennes parfois originelles et, par ce fait, ils nous apprennent à mieux nous parler à nous-mêmes de notre propre culture. Il ne suffit pas aux musées d’être des vitrines qui exposent ; il convient que nous les regardions comme des miroirs qui nous aident à nous comprendre nous-mêmes. Il est à souligner que l’Algérien est dans une situation d’amnésie volontaire. Au cours de toute son histoire, on lui a imposé plusieurs identités. Il a le sentiment d’avoir été souillé. Son particularisme et sa spécificité ont été occultés par différentes strates et apports étrangers sur son moi profond. Aussi ne se reconnaît-il que difficilement dans tout ce patrimoine qui s’est constitué dans son pays.

Pour que l’Algérien s’intéresse au patrimoine existant dans son pays, il faudrait qu’on lui donne la possibilité de découvrir sa spécificité à travers des produits apparemment étrangers. Comment lui offrir l’occasion de comprendre que les métissages séculaires, loin d’être une honte, sont, plus d’une fois, un enrichissement. La connaissance de soi se parfait dans la connaissance d’autrui ; et la connaissance d’autrui se parfait dans la connaissance de soi.


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Mahfoud Ferroukhi. Docteur en archéologie et histoire de l’art : « Le patrimoine archéologique, lui, ne peut être remis en cause »
Après Nos ancêtres les rois numides, je viens de terminer un second ouvrage, Juba et Cléôpatre. Au Centre national de recherche en archéologie, je viens d’initier un projet de recherche sur le thème « Les Numides : royaume et société ». Nous allons effectuer un état des lieux (sites, musées…) et reconsidérer les études faites jusqu’à maintenant.

Architecture, arts visuels, cinéma, théâtre, littérature, coutumes et traditions, d’art, musique, gastronomie, danse, sont l’expression même de l’identité d’un peuple. C’est aussi la richesse et l’originalité de la langue et des dialectes, mais aussi le climat varié, les ressources naturelles qui contribuent à façonner l’identité spécifique de la société. L’Algérie et son immensité de 20 millions de kilomètres carrées de territoires, traversée par des millions d’années d’histoire (de la préhistoire à nos jours), ne peut avoir qu’une identité riche et remarquable, portant toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Il faut savoir qu’historiquement parlant, l’Algérie a été colonisée durant 1922 ans, c’est-à-dire depuis 42 de l’ère chrétienne et la fin des royaumes numides jusqu’à la lutte de libération et l’indépendance en 1962.

Le patrimoine archéologique algérien est particulièrement riche en raison de ces mouvements historiques qui ont contribué à former et à forger la nation. Il possède des caractéristiques qui lui sont propres malgré la « répression » culturelle et identitaire des fortes colonisations subies à travers les siècles. Le « communautarisme » inventé et nourri par les colonisateurs et récemment l’intégrisme sont des faits nuisibles au maintien de l’originalité et de l’unité algérienne.

Pétri d’histoire
Depuis maintenant plus d’un siècle, l’archéologie s’attelle inlassablement à distinguer et à clarifier tous les aspects identitaires d’un groupe ou d’une société toute entière. Par contre, il existe ce danger que les colonisateurs ont développé : celui de s’approprier le patrimoine archéologique d’un pays colonisé et l’arracher culturellement à ceux qui le peuplent. Tout récemment, de nouvelles recherches archéologiques menées par des chercheurs algériens ont bien montré que, malgré la colonisation romaine par exemple, sur une mosaïque, sur une sculpture ou un monument dit « romain », des traits artistiques ou des aspects techniques uniques et spécifiques à l’Algérie sont identifiables. Alors, ce patrimoine archéologique avec toutes ses différences n’est plus romain, mais algérien. Il fait partie intégrante de l’identité algérienne et nord-africaine.

L’Algérie est également engagée dans une identité maghrébine, avec des pays dont les valeurs sont, elles aussi, séculaires et souvent analogues. Oui, il y a une identité algérienne, qui résulte d’un passé culturel long de plus de vingt-deux siècles forgé par Massinissa et les Numides (imazighen ou « hommes libres ») et poursuivi par Juba, Tacfarinas, et les autres rois et chefs qui leur succédèrent. L’identité d’un peuple se découvre tous les jours et se découvrira encore. L’Algérie est un pays jeune mais « pétri » d’histoire. Les générations futures découvriront leur identité à travers leur patrimoine, archéologique aussi qui, lui, ne peut guère être remis en cause. Il faut le conserver et le protéger coûte que coûte.


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Mohamed El Mostefa Filah. Professeur à l’Institut d’archéologie, université de Bouzaréah : « Il faut accepter notre passé tel qu’il est »
Le patrimoine représente pour moi tout ce qui concerne l’archéologie et l’histoire de mon pays, legs matériel et immatériel laissés par les générations qui nous ont précédés. Ce patrimoine est présent en nous ; il est constitué de tout notre héritage culturel présent et passé, bon ou mauvais, car il faut accepter notre passé tel qu’il est. Il forme notre personnalité et constitue notre identité nationale profonde. Ce patrimoine représente un lien très fort en vue de la conservation de notre identité culturelle et nationale. Plusieurs idées profondes sont contenues dans ces principes et participent à mettre en relation les concepts culture et patrimoine. Ce qui est très important aussi, c’est d’inculquer la notion de patrimoine et de culture nationale aux jeunes et aux générations montantes et de leur dire que ce patrimoine leur appartient en propre et que nous ne sommes que de simples dépositaires de celui-ci ; notre rôle principal est de le leur léguer, enrichi de nos propres expériences, chacun dans son domaine.

Un autre principe est de resserrer les liens patrimoniaux entre les générations et de préserver les valeurs ancestrales tout en s’ouvrant sur les différentes cultures et civilisations du monde moderne et de ne pas s’enfermer dans un cercle obsolète révolu et vieillot.

Politique de paix
Notre patrimoine véhicule aussi plusieurs valeurs et messages historiques, artistiques, politiques, religieux, sociaux et naturels. Ces valeurs participent à donner un sens à la vie des citoyens et constitue ainsi une très grande partie de leur identité nationale. Le patrimoine est aussi un moyen de connaître les autres peuples et de développer ainsi une véritable politique de paix entre les peuples grâce à une mutuelle compréhension. Ce patrimoine est unique et n’est pas capable de se régénérer si on ne le sauvegarde pas. Il constitue aussi un puissant moteur pour le développement du secteur économique en créant des emplois, car maintenant il doit d’autofinancer et financer aussi les lieux où il est implanté.

Pour conclure, je dirais que l’identité nationale c’est d’abord, en premier lieu, prendre conscience de l’existence d’un patrimoine varié et très riche, matériel soit-il ou immatériel, transmettre ce patrimoine et l’enrichir de notre vécu aux générations montantes. Pour le volet formation, dans les sciences du patrimoine, il faudrait faire en sorte de posséder les techniques modernes de ces différentes sciences, ceci en vue d’une meilleure formation universitaire et je pense que ce dernier point est essentiel à une meilleure connaissance scientifique et à une meilleure gestion du patrimoine culturel national qu’il soit matériel ou immatériel.


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Abderrahmane Khelifa. Historien archéologue : « Après presque 50 ans d’indépendance, pourquoi faire appel à des étrangers pour écrire notre histoire ? »
Pendant longtemps l’archéologie était considérée comme une science auxiliaire de l’histoire parce que confinée dans l’histoire de l’art monumental. Aujourd’hui, elle dépend de plus en plus étroitement d’une multitude de sciences dont elle tend à adopter de plus en plus les méthodologies : physique, chimie, biologie, économie, sciences politiques, sociologie, climatologie, etc. … En tant que science, l’archéologie est perçue, avant tout, comme un processus de synthèse, une étude des cultures humaines, un support essentiel à l’écriture de l’histoire. Cela est d’autant plus vrai pour les pays du Maghreb et particulièrement l’Algérie, où les sources écrites sont rares pour les périodes antique, médiévale. Ces sources sont avares de renseignements quand il s’agit de décrire les transformations urbaines et dans la mesure où elles ne renseignent pas sur les aspects de la vie quotidienne et de l’activité économique.

Siècles obscurs
Aussi, on aurait pu penser que, une fois l’indépendance recouvrée et la volonté d’une réécriture de l’histoire, on allait privilégier des pistes nouvelles avec la perspective d’axes fondateurs majeurs pour asseoir une identité débarrassée de la langue coloniale qui affirmait par la voix de Lucien Golvin :« L’Algérie n’a pas d’histoire propre » reprenant dans l’ introduction à son livre Le Maghreb central à l’époque des Zirides, un des justificatifs de la colonisation qui voyait dans la recherche archéologique un moyen de rétablir le pont entre Rome et la colonisation enjambant allégrement les « siècles obscurs » chers à Félix Gautier. Ce ne fut d’ailleurs pas un hasard si la direction des antiquités dépendait directement du Gouverneur général (ministère de l’Intérieur) et si à l’Indépendance on ne trouvait les Algériens qu’aux postes de gardien de musée ou de sites.

Paradoxalement, cette idée fut reprise par nombre d’Algériens qui considèrent que les sites antiques sont étrangers à notre identité faisant de leurs habitants comme Apulée de Madaure, Augustin de Thagaste, Fronton de Cirta, Optat de Milev, des étrangers à leur pays, alors qu’ils se revendiquaient tous « Afri sum » (je suis Africain). Si nous nous référons au siècle dernier, nous constatons que la connaissance de l’Afrique antique et médiévale a progressé grâce à l’archéologie, l’épigraphie et la numismatique qui ont révélé des structures urbaines nouvelles et des dizaines de milliers d’inscriptions qui ont éclairé de façon éclatante une histoire faite d’événements, de révoltes, mais aussi de vie sociale et urbaine et ce dans les coins les plus reculés de nos campagnes même si certaines conclusions étaient biaisées.

Compétences locales infimes
Les fouilles effectuées ces cinquante dernières années montrent qu’une génération d’archéologues algériens a entrepris des travaux dans différents sites et périodes : Tipasa, Tébessa, les Djeddars, Sétif, Lambèse, Cherchell, la Qal’a des Béni Hammad, Tlemcen- Agadir, Honaïne, Achir, sans compter les fouilles préhistoriques qui sont tout aussi nombreuses : Tin Anakaten, Afalou, Ngaous, Mankhour, etc. qui firent l’objet de publications dans Lybica ou le Bulletin d’archéologie algérienne qui malheureusement ne paraît plus… faute d’articles scientifiques.

Cette capitalisation d’un savoir-faire peut nous faire poser la question de savoir si, après environ un demi-siècle d’indépendance, nous sommes en mesure de diriger des chantiers de fouilles. Et paradoxalement, nous demander aussi pourquoi faire appel à des étrangers pour écrire notre histoire. Pourtant l’existence de numismates, d’experts en mosaïques, d’épigraphistes, de céramologues et de dessinateurs devrait pousser les responsables à employer les compétences locales même si elles sont infimes. L’exemple de la place des Martyrs est suffisamment édifiant à ce sujet. Faut-il dans ce cas poursuivre ou revoir la formation des archéologues à l’institut d’Archéologie lequel sort chaque année des promotions de dizaines d’archéologues depuis les années 90 si ces derniers sont dans l’incapacité de travailler valablement sur un chantier de fouilles.

Ainsi, nous ne pouvons pas dire que l’archéologie est un vecteur essentiel dans la recherche de notre identité. La preuve ? Les circonscriptions archéologiques ne sont plus opérationnelles puisqu’elles ont été supprimées par des bureaucrates qui n’ont jamais mis les pieds sur un chantier de fouilles sous le mauvais prétexte qu’elles faisaient partie de l’ancien découpage colonial… Les constructeurs peuvent en toute quiétude démolir des pans entiers de notre identité et faire passer l’autoroute sur des dolmens ou des structures archéologiques antiques !

Source: EL WATAN du 14.05.2010
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